Guillaume Basse, maraîcher

Par Stéphanie DEGOUTE
Stéphanie Degoute

C’est aussi hors-cadre familial que Guillaume s’est lancé dans le marcaichage depuis quelques années. Nous vous proposons son portrait ce mois-ci avec l’arrivée des légumes d’hiver … et oui !

L'appel de l'Aveyron !

Guillaume a grandi sur les pavés ruthénois. Après son bac, il fait un BTS Agricole « aménagements paysagers », qu’il rate de peu. Grâce à ce BTS, il acquière de nombreuses connaissances sur les végétaux, la biologie végétale, ou encore l’agronomie. Et cela lui sert beaucoup aujourd’hui !

Il décide de partir, sans son diplôme en poche donc, à Montpellier, où il se lance dans un Brevet Professionnel travaux paysagers, en alternance. Il reste finalement à Montpellier, dans la même entreprise, pour travailler en tant que paysagiste pendant 3 ans. 

En 2011, retour aux sources ! L’appel de l’Aveyron est trop fort ! Il rentre au pays comme on dit chez nous ! Et il n’a pas trouvé mieux que d’aller s’enfermer dans une usine de mécanique de précision spécialisée dans la fabrication de pièces aéronautique. Il y reste 4 ans.
Ces quatre années d’usine lui ouvrent les yeux sur plein de choses : pollution, fabrication de pièces aéronautiques, fabrication de pièces pour l’armement … Toutes ces raisons le poussent à quitter ce monde qui ne lui correspond plus.

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Contact

Entre temps, il tombe amoureux… oui, ça arrive 😉 Et les changements s’amorcent petit à petit : ras-le bol de la ville, besoin d’espace, … Guillaume et Manon déménagent sur le secteur rignacois pour être à mi-chemin avec les grands-parents. De fils en aiguilles, ils achètent leur maison actuelle à Espeilhac et la famille s’agrandit avec la naissance de leur première fille, Norah, en 2014.

C’est en 2016 que Guillaume prend la décision de se lancer dans le maraichage pour continuer à travailler avec les plantes. Il trouve du foncier en location à Rignac … pour tout déménager la saison suivante ! Et cela grâce à une sympathique voisine, qui, gentiment, lui propose de lui vendre une parcelle non loin de sa maison.

Lors de son parcours d’installation, il fait la connaissance de Jonathan et Nathalie. Il s’agit d’un couple de maraichers, dans une chouette dynamique d’échanges et de partage, qui lui apprennent, et lui apprennent encore, beaucoup de choses sur leurs connaissances du métier.
En 2017 un autre petit chou est né, Jeanne.

La ferme et les principes de travail de Guillaume

La ferme est située à Espeilhac, entre Causse et Ségala, et d’une superficie totale de 1.5ha, divisée en trois parcelles. Deux des trois parcelles sont réservées à la rotation de pommes de terre mais cela risque de changer. En effet, il espère un jour récupérer la parcelle attenante à la sienne…mais un jour peut-être c’est compliqué pour le moment !

Sur la parcelle principale de 0.9ha, il y a seulement 6500m² d’exploitables. Le reste étant occupé par le point d’eau et une zone humide, voire marécageuse. Guillaume commence avec une serre, puis deux, … puis trois, … et pourquoi pas quatre d’ici fin 2021, pour arriver à une surface total couverte de 1000m² (700 actuellement).

Depuis le début, Guillaume tient à produire l’intégralité des plants qui seront ensuite plantés. C’est un plaisir supplémentaire de savoir que tout ce qui a poussé chez lui a aussi été semé par lui. De la graine au légume !

Guillaume travaille beaucoup avec des variétés anciennes. Alors certes, la culture est plus difficile que l’hybride, mais par contre en goût, ça n’a rien à voir. Il travaille environ une quarantaine de légumes différents.

Le potager se compose de plusieurs jardins pour favoriser au maximum les rotations de cultures. Cela limite les ravageurs et maladies.
Sur la ferme, tout est « standardisé ». C’est-à-dire que toutes les planches de cultures font 30m de long et 1.2m de large. Ainsi, il peut déplacer tout le matériel sans modifier le tout à chaque utilisation. C’est pour ça que Guillaume essaye de fabriquer lui-même et d’adapter ses outils en fonction des cultures. Chaque outil est modulable, ce qui fait qu’il n’a pas beaucoup de matériel mais chaque outil peut effectuer plusieurs tâches. 

Depuis le début l’exploitation est conduite en bio. Pour Guillaume, c’est une évidence : il mange ce qu’il produit ! Dans l’idée, il fait un « potager » pour les personnes qui ne peuvent pas ou n arrivent pas à faire leurs légumes et il ne souhaite pas empoisonner les gens, et surtout pas ses enfants. Et puis ça a un côté flatteur de se dire que « des personnes mangent un peu grâce à moi ».

La philosophie de la ferme, la voici, très bien résumée par Guillaume : « J’adore manger, et pour moi produire des légumes qui ont du goût et qui donnent envie d’être mangés, c’est très important. J’adore mon métier de maraicher et suis très fier de l’être. ». 
Il cherche toujours à améliorer ses techniques et ses connaissances pour gagner en productivité tout en gardant les mêmes objectifs de qualité des produits.

Il vend une partie de sa production aux Loco, le reste part au marché de Villeneuve et une toute petite partie à la cantine de Roussennac.

Et pour l'avenir

Guillaume a commencé avec pas grand-chose : c’était un « grand potager », et c’est chaque année, petit à petit, qu’il a augmenté les surfaces cultivées. Grace à cela, il a pu voir où étaient ses limites. Et, ainsi, il peut consacrer du temps à toutes ses dames ! Bon c’est vrai qu’il y a des périodes de rush comme au printemps et l’été. Ceci dit, il est content de pouvoir bien assumé son rôle de papa ! Surtout pendant la période de confinement! 

Et pour la suite, il se voit bien encore maraicher pendant un bon moment et pourquoi pas avoir un salarié un jour !

Son portrait chinois : s'il était ...

  • Une recette préférée : le porc au caramel
  • Un produit coup de coeur aux Loco : il va falloir ouvrir un point relais vers chez moi, j'ai honte, je n'ai pas encore commandé !
  • Une couleur : le vert
  • Un super héros : Hulk
  • Un endroit : la montagne
  • Un animal : un oiseau
  • Un aliment : du café
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