Roland et ses poules

Par Stéphanie DEGOUTE
Stéphanie Degoute

Ce mois-ci, c’est de Roland dont nous allons vous parler ! Aux Loco depuis quelques années déjà et producteur d’œufs, retour sur son parcours et présentation de sa ferme.

A la recherche du graal … sur le Lévézou.

Roland est né dans une famille de paysan du Lévézou : c’est à Mauriac qu’il est né et que ses frères sont toujours, installés sur la ferme familiale. Seulement à l’époque, pas de place pour Roland sur cette ferme, qui n’était pas adaptée, et bien que l’envie d’être lui-même paysan ne l’ai jamais quitté.

En attendant de trouver donc le lieu idéal pour s’installer en vache ou brebis laitière, Roland travaille en tant qu’inséminateur dans une coopérative ovin lait. Il n’abandonne pas pour autant son projet, et commence à chercher autour de chez lui des terres où s’installer, soutenu par Christine, sa femme.

Mais les critères sont exigeants pour ce projet de vie ! Il faut une ferme dans le secteur ! En effet, Roland et Christine ne sont pas prêts à quitter ce petit bout du Lévézou ! Alors, certes, ils regardent un peu ailleurs, mais c’est sans grande conviction.

Le graal est au Vibal !​

Et voilà qu’à force de persévérance, ils finissent par trouver une ferme au Vibal, à reprendre en fermage. Et c’est en 1997 que Roland s’installe au Vibal, hors cadre familial et en vache laitière. A l’époque, c’était des contrats intéressants pour les cédants car ils touchaient une aide à la pré-retraite. Pour Roland, il avait l’obligation de reprendre la ferme dans son ensemble.

 

Et Christine dans tout ça ? Elle n’a jamais travaillé à la ferme, ce n’était pas le projet. Mais ceci dit, elle n’est jamais bien loin quand il s’agit de soutenir Roland, de l’aider aux tournées, de ramasser les œufs et de réfléchir avec Roland aux orientations à prendre sur la ferme ! Un vrai projet de famille finalement !

La ferme en elle-même

Le voilà donc parti avec ses 45 vaches laitières, de race Holstein. Avec le renouvellement, il a au total 70 bêtes, qu’il nourrit en autonomie avec les 95 hectares de sa ferme. Le lait part en coopérative, chez Sodiaal. Depuis, il a acheté 14ha autour de ses poulaillers.

Ils ont rapidement demandé à la laiterie si elle continuerait à prendre le lait si Roland convertissait sa ferme à la bio. Réponse négative. Ils ont donc fini par changer de laiterie pour pouvoir livrer du lait en bio et démarrer la période de conversion en 2013.

 

C’est en même temps qu’est né le projet d’atelier de poules pondeuses. Alors pourquoi ça ? Roland se sentait un peu seul « à ne voir que le cul des vaches ». Et même s’il a choisi le métier de paysan, et qu’il ne vit pas du tout les traites et les astreintes comme une contrainte, il avait besoin de contact et de lien social. Alors pourquoi pas via un atelier de diversification sur la ferme qui lui permettrait de faire de la vente directe. Roland se lance donc avec « sa dinette » et ses premières poules.

La règlementation de la bio ayant changé pour les poules, Roland doit attendre 2021, que ces dernières poulettes rentrées « non bio », quittent son poulailler au prochain printemps. Elles sont pourtant conduites en bio depuis longtemps ! 
La problématique est donc de trouver des poulettes bio car il y a un problème d’approvisionnement : il faut s’y prendre entre 6 mois et un an à l’avance pour faire les commandes de poulettes de renouvellement.

Sur les poules plus précisément, Roland a mis en place 3 poulaillers. Aujourd’hui, dans le premier, il y a les jeunes poules, dernières arrivées en août. Dans le deuxième, les poules sont arrivées en mars 2020, et dans le dernier, ce sont les poules arrivées en décembre 2019. Il compte 360 poules en tout, ce qui lui fait 300 œufs par jour environ, soit 30 x 300 œufs par mois, soit par an… Bref, ça fait beaucoup d’œufs tout ça !!

Des Loco et des œufs.

Dès ses premiers œufs, Roland est entré aux Loco, en 2013. Le poulailler est resté longtemps « stocké » avant de le mettre en place. C’est Lilian qui le pousse, et vient même l’aider à monter le poulailler en disant qu’il manquait des œufs aux Loco.

Dès qu’il a démarre donc, il savait que les œufs seraient vendus aux Loco, avec la production de ses 100 poules.

Aujourd’hui, les œufs sont aussi vendus sur une petite tournée qu’il a mis en place au Vibal et Pont de Salars. Son idée de base, c’était de faire comme il se fait pour le lait en Angleterre : ils jettent le lait ou les journaux dans les jardins ! Ici, Roland pose les œufs pour l’un sur le rebord de la fenêtre, l’autre devant le portail : c’est ce côté-là qui lui plait ! Cette tournée du vendredi est assurée par Roland : c’est sa promenade, ses moments de rencontres avec ses clients : « on tchappe : c’est ce que je voulais ! ».

Et pour plus tard 😊

Les deux filles de Roland et Christine ne veulent pas entendre parler de reprendre la ferme ! Alors, c’est aussi l’avantage du fermage : c’est le propriétaire qui décidera de ce qu’il fera de la ferme. Roland s’arrête quand il voudra.  De son point de vue, c’est aussi une histoire de « poids du patrimoine » par rapport aux enfants, et  « tu ne mets pas de pression, consciente ou pas, sur les générations suivantes pour reprendre les fermes ». Bon, ceci dit, elles ont quand même été travailler à la Belle Verte cet été ! La petite graine est peut-être plantée ?!

Son portrait chinois : s'il était ...

  • Une recette préférée : des nouilles !
  • Un produit coup de coeur aux Loco : les mangues de Bioespuna
  • Une couleur : le vert
  • Un super héros : les Restau du Coeur
  • Un endroit : le Lévézou
  • Un animal :
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